Vidéo : la vie après avoir perdu un membre à Gaza

Pat The Electronic Intifada, 8 avril 2020

Des tireurs embusqués israéliens ont tiré sur Muhammad Eleiwa alors qu’il manifestait le long de la clôture frontalière de Gaza, à l’est de la ville de Gaza, le 9 novembre 2018.

En conséquence, il a dû être amputé de sa jambe droite.

« Je ne pouvais plus courir après ma blessure ni poursuivre ma vie comme auparavant » dit Eleiwa. « J’ai arrêté de travailler après ma blessure ».

Mais Eleiwa, 19 ans, du quartier d’al-Shujaiyeh à Gaza, est déterminé à continuer de jouer au football.

Au cours des deux premières années de manifestations hebdomadaires de la Grande Marche du retour, Israël a imposé un bilan horrible aux manifestants palestiniens non armés à Gaza.

Des tireurs embusqués israéliens ont tué plus de 200 civils palestiniens, dont plus de 40 enfants, lors de ces manifestations. Quelque 8000 Palestiniens ont été blessés par balles réelles, et des milliers d’autres ont subi d’autres blessures.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, 156 amputations – dont 30 touchent des enfants – ont résulté de ces blessures infligées pendant ces manifestations, entre le 30 mars 2018 et décembre 2019.

Vingt-quatre Palestiniens restent paralysés en raison de lésions à la moelle épinière.

Et ces tireurs d’élite ont déclaré qu’ils n’avaient aucun regret d’avoir tué et mutilé des Palestiniens dans la bande de Gaza.

Le quotidien Haaretz de Tel-Aviv a mené six entretiens avec de ces tireurs embusqués de l’armée postés à la clôture frontalière entre Israël et Gaza pendant les manifestations de la Grande Marche du retour.

Ces tireurs, tous libérés de l’armée depuis, ont reconnu qu’ils avaient alors la volonté de tuer des enfants palestiniens, et  qu’ils s’affrontaient entre eux à qui aurait tiré le plus grand nombre de fois dans la journée.

Selon l’OMS, la grande majorité des blessures par balles réelles se situent dans les membres inférieurs.

Les tireurs d’élite israéliens ont confirmé à Haaretz que c’était bien là leur intention. Parfois, ils rivalisaient entre eux pour avoir le plus grand nombre de tirs dans les genoux en une seule journée.

« C’est au niveau des tirs que j’ai eu le plus grand nombre » dit Eden, un pseudonyme pour un tireur de la Brigade Golani, une unité d’ « élite » de l’armée israélienne coupable de graves violations des droits de l’homme.

« Dans mon bataillon, ils disaient :’Regardez, voilà le tueur’. Et quand je revenais du terrain, ils me demandaient, ‘Eh bien, combien aujourd’hui ?’ ».

Eleiwa est l’un de ces milliers de Palestiniens qui ont de la sorte été blessés par ces tireurs embusqués, mais il n’y a pas que sa blessure qui le handicape.

Après 13 années de blocus israélien sur la bande de Gaza, les jeunes gens comme Eleiwa ont de plus en plus de mal à partir de Gaza.

« Les voyages sont difficiles pour les handicapés » dit-il. « Si nous voulons voyager, il nous faut des invitations et des garanties financières ».

Il n’en reste pas moins déterminé dans sa volonté d’atteindre ses objectifs.

« Mon rêve est de participer à la Coupe du monde, en représentant l’équipe palestinienne de footballeurs amputés et de réaliser nos objectifs et nos rêves ».

Vidéo de Ruwaida Amer et Sanad Ltfefa.

Traduction : BP pour l’Agence Média Palestine

Source : The Electronic Intifada

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